4. Art participatif. Quartier Coteaux-Jozaphat.

Le projet suivant poursuit le travail réalisé en partenariat avec Bouillon de Cultures et Rénovas dans le cadre du contrat de quartier Coteaux-Josaphat. Il s’intitule « Arts et Paroles », car il prévoyait d’offrir à des élèves en situation de décrochage scolaire, une expérience artistique et un espace de dialogue sur cette situation scolaire problématique.

C’est l’ASBL AMOS qui a initié ce projet en mettant en réseau leurs actions à celles de l’école St-Marie la Sagesse et celles du CEFA de Schaerbeek-Ixelles (une école de formation alternant cours généraux et formation en menuiserie, électricité, plomberie…).

Nous allions réaliser 5 ateliers avec chacune des 2 classes, l’une issue du CEFA, l’autre de St-Marie la Sagesse. Nous avions bien observé que durant nos ateliers précédant, il était dure de faire s’assoir durant des heures à une table si bien connue des adolescents ou de jeunes adultes pour les faire dessiner « de jolies petits dessins ». C’est pourquoi nous avons essayé à chaque ateliers de proposer des modes de participations différents de ceux qu’ils avaient connus normalement en classe. En abordant la question du travail, de l’apprentissage et de l’argent que peut procurer ces activités, et permettre d’être autonome financièrement.
Ce fut un plaisir tout le long de travailler en partenariat avec les professeur sur ces méthodes qui a de nombreuses reprises ont été surprenantes de réussite. Très vite nous avons pu observer qu’il y a un monde entre des élèves de13-15 ans et d’autres de 17-19ans. Ces derniers cherchaient surtout à savoir comment il allait gagner de l’argent avec ce projet.
Les plus jeunes semblaient plus enclins à se pencher sur le processus créatif de la peinture murale.
Nous avons adoptés des approches différentes pour chacun des 2 groupes.

Le premier atelier prévoyait une présentation du projet et une visite des autres peintures murales que nous avons réalisés dans le quartier. Cela nous a permis d’apprendre à nous connaitre, ailleurs que dans la classe, tout en réalisant une visite guidée du quartier, dégourdissant jambes et méninges.

Le second atelier prévoyait une présentation et une élection des motifs parmi ceux que nous avions déjà utilisés dans les 3 première peintures. Nous proposions à chaque élèves de défendre ou de dévaluer un motif pendant 5 minutes, le temps qu’un autre élève « passe aux urnes ». Tous ensemble nous transformions la classe, déplaçant les tables, les chaises, recouvrant les murs des motifs. Ce fut le théâtre de belles joutes verbales, de beaux débats, non sans humour.

Lors du troisièmes atelier nous avons réalisée une grande carte mentale, ou chaque élève a fait part, graphiquement de ses envies ou des ses idées pour la peinture murale. Nous en avons alors débattus et nous sommes arrivés en toute fin d’atelier sur un consensus.
L’équipe de Sarendip allait alors confectionner un projet à partir de ces 3 premiers ateliers et le proposer au service d’urbanisme de Schaerbeek.



Avec les plus âgés nous sommes aller démarcher auprès de commerçants des contrats de décorations. Heureux nous fûmes, un commerçant pâtissier, bien connue du quartier fut d’accord de les payer en échange d’une décoration dans son salon de thé. Il ne fallait plus que… se mettre au travail et lui proposer un projet et un budget. C’est là que certains élèves ont quitté le projet, à notre grand regret, et au moment où il nous semblait y avoir une réelle opportunité; un formation de terrain à la fois commerciale et technique.

L’atelier suivant fut un atelier de création de peinture au pochoir sur A0 et sur T-shirt. le but étant de les exposer ensuite pour faire informer d’autres publics de se projet, mais aussi de les vendre. Il ont été exposé aux portes ouvertes du CEFA et plusieurs œuvres ont été vendus, au grand plaisir des élèves de St-Marie la Sagesse.

Le dernier atelier fut un atelier d’apprentissage de découpe de pochoir, plus classique, prévoyant un retour à la normale, où chaque élève fut invité à créer son propre pochoir. Ces créations seront utiliséess ultérieurement pour l’embellissement de couloir et de classe de l’école St-Marie la Sagesse

Alors vint le temps de la réalisation de la peinture murale elle même. Les élèves de St-Marie se sont montrés fort motivés, ils sont venus à 5 reprises durant les 10 jours où nous avons peint. Un élève du CEFA est lui venu quasi tout les jours peindre avec nous, même en dehors des heures de cours. D’autres classes du CEFA avec qui nous aurions pu aussi travailler, sont venus peindre ce mur gigantesque. C’est d’ailleurs avec ces classes que les ateliers qui auront lieu en 2017 se dérouleront.

Alors vint le temps de l’inauguration. Un moment agréable qui a permis a tout les acteurs de se rencontrer en dehors des réunions d’organisation, imaginant déjà quels seront les prochains projets de l’année 2017. Le président d’une association turc,  proposait que la prochaine peinture murale se fasse chez lui, juste en, face de l’école, donnant aussi sur la chaussée d’Haecht. Voilà une belle piste à explorer !